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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 10:53

revelation-cover

Quatrième de couverture :


Printemps, 1543

 

 « Le roi Henri VIII a fait sa demande à Catherine Paar, qu’il veut comme sixième épouse. L’Archevêque Cranmer et la faction protestante à la Cour observent la situation avec attention, car Lady Catherine est connue pour avoir de la sympathie pour les idées réformistes.

 

Matthew Shardlake, pendant ce temps, travaille sur l’affaire d’un adolescent qui a été placé dans l’asile de fous de Bedlam, et craint que la terrifiante folie religieuse du garçon puisse le mener à être brûlé en tant qu’hérétique.

Quand un vieil ami est horriblement assassiné, Shardlake promet à sa veuve qu’il amènera son meurtrier devant la justice. Ses recherches le conduisent à Cranmer et Catherine Paar – et aux sombres prophéties du Livre des Révélations.

 

Alors que l’évêque de Londres, Bonner, prépare une purge des Protestants, Shardlake, en compagnie de Jack Barak et son ami physicien, Guy Malton, enquête sur une série d’horribles meurtres, qui amènent bientôt à des rumeurs de sorcellerie et de possession… »

 

  (Traduction du quatrième de couverture faite par mes soins)


Note : Revelation est en réalité le quatrième tome d’une série de livres mettant en scène Matthew Shardlake. J’avais lu les deux premiers tomes lors de leurs sorties en France. Je suis tombée sur la suite en Angleterre et je me suis jetée dessus. A noter que je me suis trompée en achetant « Revelation », pensant qu’il s’agissait du troisième tome de la série. C’est, en réalité, le quatrième tome, mais heureusement, ce n’est pas gênant pour la lecture. La série compte pour le moment cinq tomes, dont les deux premiers, au moins, sont sortis en français : « Dissolution » (VF : Dissolution) - « Dark Fire » (VF : Les larmes du diable) - Sovereign » - « Revelation » - « Heartstone ».

 

Avis : Si je n’avais pas regardé la série TV « The Tudors », il est possible que je sois passée à côté de cette série de livres. La curiosité m’a fait acheté le premier tome, bien m’en a pris. J’en suis maintenant (accidentellement) au quatrième tome, et compte rattraper mon erreur en achetant rapidement « Sovereign », le troisième tome de la série. Merci aussi à « The Tudors » pour m’avoir appris de nombreuses choses sur le contexte politique et religieux de l’époque du règne d’Henri VIII, et à m’avoir donné envie de m’intéresser à cette époque,  cela me permet d’apprécier à sa juste valeur le contexte du livre.

 

Maintenant que j’ai replacé la lecture de ce livre dans son contexte, entrons dans le vif du sujet. Nous retrouvons ici Matthew Shardlake, avocat de son état et aussi bossu, ce qui n’entame en rien son charisme. J’ai retrouvé avec plaisir le héros de cette aventure, un homme comme les autres, avec ses forces et ses faiblesses, ses doutes, ses craintes et ses tourments. Je ne m’avance pas trop en disant que Matthew est un des piliers qui font de ce livre (et des précédents), un excellent livre. Mais je reviendrais plus tard sur Matthew.

 

Une fois de plus, Matthew Shardlake est bien occupé. Il a récemment grimpé dans la hiérarchie, ce qui lui donne plus de travail. Nous retrouvons avec lui de nombreux personnages secondaires rencontrés dans les précédents tomes comme Joan, sa gouvernante, Jack Barak, ancien agent de Cromwell travaillant maintenant comme un de ses assistant, ou encore Guy Malton, ancien moine reconverti en apothicaire et physicien. Matthew se voit confier une affaire délicate vu le contexte religieux. Il s’agit du cas d’un jeune adolescent, qui a sombré du jour au lendemain dans une folie religieuse maladive. Il passe son temps à prier et à espérer entendre de Dieu qu’il fait partie des élus qui seront sauvés. Le jeune garçon passe en jugement car celui-ci a harangué la foule dans la rue, les exhortant à se repentir sinon ils feront partis des damnés. Exhiber ainsi des propos considérés comme radicaux alors que le catholicisme fait un retour en force, c’est s’exposer à être déclaré hérétique et à finir sur un bûché. Matthew accepte de défendre le cas malgré le contexte difficile de l’affaire et demande à son vieil ami Guy de venir voir le garçon, pour diagnostiquer sa maladie et peut-être pour le guérir.

 

Malheureusement, le quatrième de couverture gâche quelque peu la surprise, révélant un ressort scénaristique, qui heureusement, arrive assez tôt dans le livre. Ce qui n’empêche pas de deviner rapidement de qui il s’agit et donc de nous spoiler. Cette seconde affaire, très complexe, voit s’imbriquer politique et religion, au grand désespoir de Matthew, qui avait juré ne plus s’impliquer en politique. Mais il s’agit là d’une affaire personnelle et Matthew, loyal à ses amis, accepte de travailler pour Cranmer pour éclaircir ce meurtre. Je m’arrête là pour le résumé. En dire plus risquerait de gâcher la lecture.

 

Le contexte politique et surtout religieux est particulièrement important dans ce livre. Après la montée en force du protestantisme, la dissolution des monastères et les persécutions religieuses envers les catholiques, nous assistons à un retour en arrière, à une sorte de « catholicisme sans pape ». Les protestants sont de plus en plus obligés de se cacher et de taire leurs croyances, un sentiment de crainte souffle dans Londres et l’évêque Bonner part en croisade contre les protestants, mettant en place persécutions et bûchers. La situation à Londres est explosive, les tensions religieuses sont vives et transparaissent en toile de fond tout au long du livre. On ressent bien le chaos que cela devait être à l’époque, avec ce Roi qui change d’avis sur la religion comme il change de femme. Les gens sont perdus, ne savent plus à qui ou quoi se fier et certains doutent même de l’existence de Dieu. Ce contexte, présent en toile de fond du livre, est très bien rendu et expliqué avec précision sans non plus tomber dans la description historique lourde. En quelques lignes, l’auteur nous rappelle judicieusement le contexte et sème habillement quelques lignes explicatives de rappel quand on en a besoin. On se ressent aucunement une lourdeur historique  de ce côté, l’auteur étant toujours très clair et donnant des explications par l’intermédiaire de Matthew, allégeant ainsi la narration. La religion et ses excès est un thème maint fois abordé, avec justesse, dans le livre.

 

Outre l’aspect religieux, le thème principal du livre est la folie et son traitement à l’époque. Autant dire que ce n’est pas brillant et l’auteur nous le montre à travers le cas d’Adam Kite, l’infortuné jeune homme devenu fou. Le thème est bien abordé et développé, avec les interrogations qui vont avec : comment la médecine traitait elle la folie ? Comment était-elle perçue dans la société ? La maladie mentale n’était pas reconnue et la folie était une tare, quelque chose à cacher, et le fou, une gêne et une nuisance pour la famille et pour la société. Cet aspect du livre, en filligramme de l’enquête, est très intéressant.

 

Le personnage de Matthew est, comme toujours, terriblement attachant. Malgré son physique disgracieux, son charisme, son esprit et son humanité en font un personnage qu’on a du mal à quitter. Il est savoureux de le voir réfléchir, suivre le fil de ses pensées tandis qu’il suit des pistes pour son enquête, le voir triste, apeuré, heureux, attentionné envers ses amis. Ce n’est pas un surhomme, mais juste un homme, un homme profondément bon, malgré ses doutes religieux.

 

Vous allez me dire, « Oh la Fée, c’est un livre Po-li-cier ! L’enquête ? Elle vaut quoi ? » J’y viens et je vais conclure dessus. J’avais arrêté de lire pendant un moment des livres policiers. A force, je devinais très facilement qui était le tueur et cela me gâchait fortement le plaisir de la lecture. Ici, je n'ai rien deviné à l'avance. L’affaire est complexe et le contexte historique n’aide en rien au bon déroulement de l’enquête. Pas de GPS, pas de carte d’identité, une administration hasardeuse, pas de téléphone, pas de voiture. Le rythme et l’action peuvent paraître lents du coup, mais j’ai beaucoup apprécié de voir cette enquête se dérouler avec les moyens du bord, avec de l’intuition et de la chance. On a les mêmes doutes que Shardlake, les mêmes interrogations, on a du mal à y voir clair… J’ai eu un doute à un moment sur un personnage, bien vite effacé. L’intrigue, comme les précédents tomes, est menée de main de maître par l’auteur. Il est dommage que je ne puisse rien révéler sous peine de spoiler honteusement l’histoire (ce qui serait vraiment regrettable). Un petit reproche cependant, la connexion entre l’enquête policière et le monde politique est tout de même un peu hasardeuse. Cela reste cohérent, mais je me suis dit que c’était bien parce que c’était pratique pour le bon déroulement de l’intrigue. Malgré cela, vous allez devoir me croire sur parole quand je vous dis que ce livre doit être lu.

 

Pour finir, je conseille tout de même de lire les tomes dans l’ordre, si jamais je vous ai convaincus avec cette critique. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est quand même plus agréable de découvrir au fur et à mesure les personnages et de voir les précédentes affaires. C’est un très bon policier, qui met un peu de temps à se mettre en place au début (cela ne m’a pas gêné, cela m’a permis de me familiariser avec l’écriture de l’auteur, le lisant pour la première fois en VO). Mais je vous rassure, l’histoire s’accélère ensuite pour ensuite s’achever brillamment.

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Published by Fée - dans Fée lectrice
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